
Les chorales existent pour s’exprimer, mais aussi pour sauvegarder et transmettre tout un patrimoine de chants de résistance. Elles créent des liens entre les membres des collectifs militants. Militer est une activité intense, épuisante : se retrouver pour entonner collectivement des chants puissants donne de l’énergie, et permet de continuer les luttes de façon ludique. Le chant unit les voix et crée un sentiment de force et de solidarité autour de valeurs communes. C’est une forme de militance joyeuse. On en a besoin.

Voici cinq chansons pour résister, suggérées et chantées par la chorale militante :
Bella Ciao
Bella Ciao est un chant de révolte italien révolutionnaire qui rend hommage aux partisan·es, résistant·es pendant la Seconde Guerre mondiale, qui luttaient contre les troupes allemandes alliées de la République sociale italienne fasciste de Mussolini. Les paroles ont été écrites fin 1944 sur la musique d’une chanson populaire que chantaient au début du xxe siècle, les saisonnières qui travaillaient dans les rizières de la plaine du Pô. La chanson, au début, dénonçait leurs conditions de travail. Ce chant est devenu plus tard un hymne à la résistance et à l’antifascisme dans le monde entier. La chorale militante chante aussi bien la version antifasciste que celle des rizières.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bella_ciao_(chant)
(Version antifasciste)
Una mattina mi son svegliato,
o bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao!
Una mattina mi son svegliato
e ho trovato l’invasor.
O partigiano portami via,
o bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
o partigiano portami via
che mi sento di morir.
E se io muoio da partigiano,
o bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
e se io muoio da partigiano
tu mi devi seppellir.
Seppellire lassù in montagna,
o bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
seppellire lassù in montagna
sotto l’ombra di un bel fior.
E le genti che passeranno,
o bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
e le genti che passeranno
mi diranno “che bel fior”.
Questo è il fiore del partigiano,
o bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
questo è il fiore del partigiano
morto per la libertà
questo è il fiore del partigiano
morto per la libertà
(Version des rizières)
Alla mattina, appena alzata,
O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,
Alla mattina, appena alzata,
In risaia mi tocca andar.
E fra gli insetti e le zanzare,
O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,
E fra gli insetti e le zanzare,
Un dur lavoro mi tocca far.
Il Capo in piedi col suo bastone,
O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,
Il Capo in piedi col suo bastone,
E noi curve a lavorar.
O mamma mia, o che tormento,
O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,
O mamma mia, o che tormento,
Io t’invoco ogni doman.
Ed ogni ora, che qui passiamo,
O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,
Ed ogni ora, che qui passiamo,
Noi perdiam la gioventù.
Ma verrà un giorno che tutte quante
O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,
Ma verrà un giorno che tutte quante
lavoreremo in libertà.
Ma verrà un giorno che tutte quante
lavoreremo in libertà.
The Day the Nazi Died
Texte et mélodie : Chumbawamba
Chumbawamba est un groupe de punk rock britannique situé très à gauche, qui se produit dans un esprit anarcho-punk. Le groupe est connu entre autres pour avoir conseillé à ses fans qui n’avaient pas les moyens de s’acheter leurs CDs, de les voler dans les rayons des grandes chaînes de distribution. Chumbawamba s’est fait connaître aussi pour avoir refusé une proposition de Nike d’utiliser une de leurs chansons dans une pub de la FIFA, renonçant ainsi à 1,5 millions de dollars.
The Day the Nazi died a été écrite en 1994 ; cette chanson évoque la résurgence de tous ces néonazis qui « came out of the woodwork » (sortaient de l’ombre) un peu partout en Grande-Bretagne et en Allemagne après la mort de Rudolf Hess (« le prisonnier de Spandau ») en août 1987.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chumbawamba
We’re told that after the war the Nazis vanished without a trace
But battalions of fascists still dream of a master race
The history books, they tell of their defeat in ’45
But they all came out of the woodwork on the day the Nazi died.
They say the prisoner at Spandau was a symbol of defeat
Whilst Hess remained imprisoned and the fascists, they were beat
So the promise of an Aryan world would never materialize
So why did they all come out of the woodwork on the day the Nazi died ?
The world is riddled with maggots; the maggots are getting fat
They’re making a tasty meal of all the bosses and bureaucrats
They’re taking over the boardrooms, and they’re fat and full of pride
And they all came out of the woodwork on the day the Nazi died.
So if you meet with these historians, I’ll tell you what to say
Tell them that the Nazis never really went away
They’re out there burning houses down and peddling racist lies
And we’ll never rest again until every Nazi dies.
Canción sin miedo
Par Vivir Quintano
Canción sin miedo (« Chanson sans peur » en français) est un hymne féministe contre les féminicides et les violences faites aux femmes, composé par la chanteuse mexicaine Vivir Quintana en mars 2020. Apologie des femmes qui se soulèvent au Mexique, des filles de Sonora aux femmes armées du Chiapas, elle parle des femmes disparues, des féminicides et de la lutte de celles qui les cherchent et qui demandent justice pour elles, et elle appelle les femmes et l’État à agir, dans un pays où dix femmes meurent chaque jour en raison de leur genre.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canción_sin_miedo
Que tiemble el Estado, los cielos, las calles
Que tiemblen los jueces y los judiciales
Hoy a las mujeres nos quitan la calma
Nos sembraron miedo, nos crecieron alas
A cada minuto, de cada semana
Nos roban amigas, nos matan hermanas
Destrozan sus cuerpos, los desaparecen
No olvide sus nombres, por favor, señor presidente
Por todas las compas marchando en Reforma
Por todas las morras peleando en Sonora
Por las comandantas luchando por Chiapas
Por todas las madres buscando en Tijuana
Cantamos sin miedo, pedimos justicia
Gritamos por cada desaparecida
Que resuene fuerte: ¡Nos queremos vivas!
¡Que caiga con fuerza el feminicida!
Yo todo lo incendio, yo todo lo rompo
Si un día algún fulano te apaga los ojos
Ya nada me calla, ya todo me sobra
Si tocan a una, respondemos todas
Soy Claudia, soy Esther y soy Teresa
Soy Ingrid, soy Fabiola y soy Valeria
Soy la niña que subiste por la fuerza
Soy la madre que ahora llora por sus muertas
Y soy esta que te hará pagar las cuentas
¡Justicia! ¡Justicia! ¡Justicia!
Por todas las compas marchando en Reforma
Por todas las morras peleando en Sonora
Por las comandantas luchando por Chiapas
Por todas las madres buscando en Tijuana
Cantamos sin miedo, pedimos justicia
Gritamos por cada desaparecida
Que resuene fuerte: ¡Nos queremos vivas!
¡Que caiga con fuerza el feminicida!
¡Que caiga con fuerza el feminicida!
Soy Claudia, soy Esther y soy Teresa
Soy Ingrid, soy Fabiola y soy Valeria
Soy la niña que subiste por la fuerza
Soy la madre que ahora llora por sus muertas
Y soy esta que te hará pagar las cuentas
¡Justicia! ¡Justicia! ¡Justicia!

Hymne des femmes – Debout les femmes
L’Hymne du MLF, parfois appelé Hymne des femmes, Femmes debout ou encore Debout les femmes, est une chanson créée collectivement en mars 1971 par des militantes féministes à Paris. Elle est devenue un emblème du Mouvement de libération des femmes (MLF) et plus généralement des luttes féministes francophones. Les paroles sont interprétées sur l’air du Chant des marais, chant allemand des détenus politiques du camp de concentration nazi de Börgermoor.
Au départ, la chanson avait été simplement écrite pour être entonnée lors du rassemblement du 28 mars 1971. Elle est devenue un véritable hymne par après. Debout les femmes est traditionnellement chanté dans les manifestations du 8 mars, journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, dans les pays francophones. On l’entend aussi à d’autres occasions, lors de mouvements féministes spontanés ou organisés, notamment syndicaux.
L’hymne est critiqué par des militantes afroféministes pour deux passages en particulier :
- La phrase « Levons-nous femmes esclaves et brisons nos entraves » est contestée car l’esclavage, ayant principalement concerné les femmes afrodescendantes , ne devrait, selon certaines, pas être chantée par des femmes blanches, arabes ou asiatiques;
- La phrase « Depuis la nuit des temps, les femmes, Nous sommes le continent noir » reprend le terme emprunté par Sigmund Freud à H.M. Stanley (Through the Dark Continent) pour désigner la sexualité féminine. Par « Continent noir », Stanley, aventurier colonialiste, désignait l’Afrique subsaharienne comme une terra incognita. La chorale militante a remplacé cette phrase par « effacées de la mémoire».
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Hymne_du_MLF
Nous qui sommes sans passé, les femmes,
Nous qui n’avons pas d’histoire,
Depuis la nuit des temps, les femmes,
Effacées de la mémoire.
DEBOUT femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Asservies, humiliées, les femmes,
Achetées, vendues, violées,
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées.
DEBOUT femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Seules dans notre malheur, les femmes,
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.
DEBOUT femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes,
Ensemble, Révoltons-nous !
DEBOUT femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Le temps de la colère, les femmes,
Notre temps, est arrivé,
Connaissons notre force, les femmes,
Découvrons-nous des milliers !
DEBOUT femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Debout, debout, debout !
Debout, debout, debout !
Rue des Lilas
Rue des Lilas est une chanson récente du groupe Katé Mé, dont le texte et la musique ont été écrits par Sylvain Girault. Elle parle de la guerre en général, mais on sent le contexte syrien à travers quelques mots, darbeh (danse populaire traditionnelle de Syrie, du Liban, de Palestine et de Jordanie) et arak (eau-de-vie de vin, traditionnellement produite et consommée au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Palestine). Les derniers vers sont de Paul Valery : « Car la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui toujours se connaissent mais qui ne se massacrent pas ».
Source : https://www.lesglottesrebelles.com/rue-des-lilas/
Ce soir je meurs à la guerre
Aujourd’hui pour moi sonne le glas
Mon visage est blanc et mon sang coule à flot
Sur le trottoir de la rue des Lilas
Ce soir je meurs sous vos bombes
Pourtant je n’ai rien fait pour ça
Je ne suis qu’un simple flâneur dans la ville
Sur le trottoir de la rue des Lilas
Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit la guerre
Maudits les chars, les fusils, les combats
Je m’éteins dans la rue des Lilas
Plus jamais revoir la dune
Au matin quand s’effacent mes pas
Jamais plus les cimes et la neige éternelle
Et l’oiseau bleu brillant de mille éclats
Plus jamais revoir la lune
Dans la nuit qui éclaire mes pas
Jamais plus la mer, les étoiles, les forêts
Et ce lac bleu perdu au fond des bois
Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit la guerre
Maudits les chars, les fusils, les combats
Je m’éteins dans la rue des Lilas
J’aimerais tant revoir mes frères
Mes enfants, mes parents, mes amis
Danser le dabkeh pour repousser la mort
Trinquer l’arak jusqu’au bout de la vie
Je voudrais une dernière
Chanson pour apaiser la nuit
Pour bercer mon départ jusqu’à l’autre bord
Dire aux faiseurs de mort que l’on survit
Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit la guerre
Maudits les chars, les fusils, les combats
Je m’éteins dans la rue des Lilas
Car la guerre c’est un massacre
De gens qui ne se connaissent pas
Au profit de gens qui toujours se connaissent
Mais qui ne se massacrent pas
Car la guerre c’est un massacre
De gens qui ne se connaissent pas
Au profit de gens qui toujours se connaissent
Mais qui ne se massacrent pas
Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit la guerre
(Version féministe)
Ce soir elles meurent sous les coups
De ceux qui s’croient au-dessus de tout
Mari ex-amant cousin ou inconnu
Dans leur maison ou au détour d’une rue
Vous exigez l’indulgence
Ignorant la danse des ambulances
Vos œillères sur la présomption d’innocence
Qu’avez-vous donc sur votre conscience ?
Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudits soient tous ces hommes cis
Maudits ces juges, ces flics et toutes ces lois
Qui protègent le patriarcat.


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