De tout temps, les artistes se sont mobilisé.es contre la guerre et ont ainsi soutenu les mouvements pacifistes par des chansons. Nous avons sélectionné cinq d’entre elles parmi les plus connues.
I didn’t raise my boy to be a soldier

« I Didn’t Raise My Boy to Be a Soldier » est une chanson américaine anti-guerre qui a marqué le mouvement pacifiste aux États-Unis avant l’entrée de ce pays dans la Première Guerre Mondiale.
Ten million soldiers to the war have gone
Who may never return again
Ten million mothers whose hearts must break
For the ones who died in vain
Head bowed down in sorrow and her lonely years
I heard a mother murmur through her tears
« I didn’t raise my boy to be a soldier
I brought him up to be my pride and joy
Who dares to put a rifle on his shoulder
To shoot some other mother’s darling boy »
Let nations talk through their trouble
It’s time to put the sword and gun away
There’d be no war today if mothers all would say
« I didn’t raise my boy to be a soldier »
What victory can cheer a mother’s heart
When she looks upon her empty home?
What victory can bring her back
All she cared to call her own?
Let each mother’s answer in the years to be
« Remember that my boy belongs to me
I didn’t raise my boy to be a soldier
I brought him up to be my pride and joy
Who dares to put a rifle on his shoulder
To shoot some other mother’s darling boy »
Let nations talk through their trouble
It’s time to put the gun and sword away
There’d be no war today if mothers all would say
« I didn’t raise my boy
I didn’t raise my boy
I didn’t raise my boy to be a soldier »
Le Déserteur- Chanson de Boris Vian

Boris Vian a écrit cette chanson en 1954 lors de la guerre d’Indochine. Elle a suscité beaucoup de polémiques à cause de son antimilitarisme et le texte a dû être adapté pour passer la censure.
Elle parle d’une lettre adressée à « Monsieur le Président » par un homme ayant reçu un ordre de mobilisation en raison d’un conflit armé. L’homme y explique qu’il ne souhaite pas partir à la guerre et il justifie sa décision par les décès survenus dans sa famille proche à cause de la guerre, et par le fait qu’il ne veut pas „tuer de pauvres gens ». Il révèle son intention de déserter pour vivre de mendicité tout en incitant les personnes qu’il rencontre à suivre son exemple.
Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C’est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m’en vais déserter
Depuis que je suis né
J’ai vu mourir mon père
J’ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Qu’elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j’étais prisonnier
On m’a volé ma femme
On m’a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J’irai sur les chemins
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens
Refusez d’obéir
Refusez de la faire
N’allez pas à la guerre
Refusez de partir
S’il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer
Jaurès – Chanson de Jacques Brel

En 1977, souffrant d’un cancer des poumons, Brel revient des îles Marquises à Paris pour y enregistrer son dernier 33 tours, « Les Marquises ». Dans cet album figure cet hommage à Jean Jaurès, fondateur en 1904 du journal « L’Humanité », et leader du Parti socialiste français. Jaurès fut un pacifiste militant. Il s’opposa au déclenchement de la Première Guerre mondiale, se liant aux partis de l’Internationale ouvrière et appelant à la grève générale au niveau européen. Pour ses positions pacifistes, il s’attira l’hostilité des milieux nationalistes et il fut assassiné en juillet 1914. L’assassinat de Jaurès symbolise la suppression de la dernière voix pacifiste influente en France et illustre la violence politique exercée contre ceux qui s’opposaient à la logique belliqueuse et impérialiste.
Brel insiste dans sa chanson sur les conditions d’existence sordides des ouvriers avant la Première Guerre mondiale. La réponse à sa question « Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?» est évidente : Jaurès a été tué parce qu’il incarnait un pacifisme lucide et internationaliste, menaçant les intérêts nationalistes et capitalistes, et parce que sa voix représentait un obstacle à la mobilisation générale pour la guerre imminente.
(Extrait musical)
Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s’appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grands-parents
Entre l’absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d’être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
On ne peut pas dire qu’ils furent esclaves
De là à dire qu’ils ont vécu
Lorsque l’on part aussi vaincu
C’est dur de sortir de l’enclave
Et pourtant l’espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu’à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Si par malheur ils survivaient
C’était pour partir à la guerre
C’était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelques sabreurs
Qui exigeaient du bout des lèvres
Qu’ils aillent ouvrir au champ d’horreur
Leurs vingt ans qui n’avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prêles oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l’ombre d’un souvenir
Le temps du souffle d’un soupir
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Imagine – Chanson de John Lennon

John Lennon affirma vis-à-vis du magazine « Rolling Stone » que cette chanson, qu’il a composée en 1971, « était anti-religieuse, anti-nationaliste, anti-norme et anticapitaliste, mais qu’elle était acceptée parce qu’elle était enrobée de sucre ». Lennon l’a décrite également comme étant quasiment le « Manifeste du Parti communiste » moderne.
(extrait musical)
[Verse 1]
Imagine there’s no heaven
It’s easy if you try
No hell below us
Above us, only sky
Imagine all the people
Living for today
[Verse 2]
Imagine there’s no countries
It isn’t hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too
Imagine all the people
Living life in peace
[Chorus]
You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will be as one
[Verse *]
Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
Imagine all the people
Sharing all the world
[Chorus]
You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will live as one
Nein, meine Söhne geb’ ich nicht – Chanson de Reinhard Mey

Reinhard Mey a produit cette chanson anti-guerre en 1986 quand, en Allemagne, les fusées Pershing II étaient installées en direction de Moscou. La chanson dit: „Kein Ziel und keine Ehre, keine Pflicht, sind’s wert dafür zu töten und zu sterben. » Un mouvement de protestation massif s’est formé contre le « Nato-Doppelbeschluss » et les fusées ont fini par être enlevées à la suite de négociations entre les parties concernées. Le Mouvement pour la Paix a ainsi remporté un succès éclatant.
(Extrait musical)
Ich denk, ich schreib euch besser schon beizeiten
Und sag euch heute schon endgültig ab
Ihr braucht nicht lange Listen auszubreiten
Um zu sehen, dass ich auch zwei Söhne hab!
Ich lieb die beiden, das will ich euch sagen
Mehr als mein Leben, als mein Augenlicht
Und die, die werden keine Waffen tragen
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Ich habe sie die Achtung vor dem Leben
Vor jeder Kreatur als höchsten Wert
Ich habe sie Erbarmen und Vergeben
Und, wo immer es ging, lieben gelehrt!
Nun werdet ihr sie nicht mit Hass verderben
Keine Ziele und keine Ehre, keine Pflicht
Sind’s wert, dafür zu töten und zu sterben
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Nein, meine Söhne geb’ ich nicht
Ganz sicher nicht für euch hat ihre Mutter
Sie unter Schmerzen auf die Welt gebracht
Nicht für euch und nicht als Kanonenfutter
Nicht für euch hab ich manche Fiebernacht
Verzweifelt an dem kleinen Bett gestanden
Und kühlt ein kleines glühendes Gesicht
Bis wir in der Erschöpfung Ruhe fanden
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Sie werden nicht in Reih und Glied marschieren
Nicht durchhalten, nicht kämpfen bis zuletzt
Auf einem gottverlass’nen Feld erfrieren
Während ihr euch in weiche Kissen setzt
Die Kinder schützen vor allen Gefahren
Ist doch meine verdammte Vaterpflicht
Und das heißt auch, sie vor euch zu bewahren
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Ich werde sie den Ungehorsam lehren
Den Widerstand und die Unbeugsamkeit
Gegen jeden Befehl aufzubegehren
Und nicht zu buckeln vor der Obrigkeit
Ich wird‘ sie lehr’n, den eig’nen Weg zu gehen
Vor keinem Popanz, keinem Weltgericht
Vor keinem als sich selber g’radzustehen
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Und eher werde ich mit ihnen fliehen
Als dass ihr sie zu euren Knechten macht
Eher mit ihnen in die Fremde ziehen
In Armut und wie Diebe in der Nacht
Wir haben nur dies eine kurze Leben
Ich schwör’s und sag’s euch g’rade ins Gesicht:
« Sie werden es für euren Wahn nicht geben »
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht
Nein, meine Söhne geb‘ ich nicht

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