L’Homme aux frontières ouvertes

Les contradictions d’un raciste

[INTRO]

Il dit qu’il aime son pays,
sa terre, son ciel, ses habitudes.
Mais dès qu’un autre y met le pied,
son coeur se ferme et se verrouille.

Il voudrait vivre entre les siens,
dans un monde pur, bien à sa place.
Mais chaque jour, sans le savoir,
il doit au monde un peu de grâce.

[COUPLET 1 — LE MATIN]

Il se réveille en colère,
maudit l’étranger dans son café,
puis boit, sans y penser, la terre
qu’un autre soleil a fait pousser.

Il enfile un pull du Bangladesh,
regarde son écran de Shanghai,
peste contre ceux qui voyagent,
mais porte le monde sur ses bras.

Dans sa voiture allemande,
il parle de racines, de sang,
comme si l’homme était une île,
comme si l’histoire avait du temps.

[REFRAIN]

Il veut fermer toutes les portes,
dresser des murs jusqu’au matin.
Mais le monde entre dans sa vie
par son assiette et par ses mains.


Il crie au trop-plein, à l’invasion,
au grand danger venu d’ailleurs,
mais vit de mille différences
qu’il refuse au fond de son coeur.

Il hait l’étranger qui dérange,
mais aime le fruit qu’il lui tend.
Il veut un monde sans mélange,
et s’en nourrit pourtant.

[COUPLET 2 — LE MIDI]

À table, il refuse le partage,
mais réclame un couscous bien chaud,
un kebab du samedi soir,
des épices qui brûlent les mots.

“Ce n’est pas pareil”, dit-il vite,
quand ses amis lèvent les yeux.
Il classe les hommes par chapitres,
mais garde leurs plats dans son feu.

Il applaudit l’attaquant sombre
qui sauve l’honneur du pays,
puis raille son nom, son accent, son ombre,
quand le match est tout juste fini.

Il veut bien du talent des autres,
du bras, du chant, du coup de main,
mais pas du visage qui montre
que l’avenir change de chemin.

[REFRAIN]

Il veut fermer toutes les portes,
dresser des murs jusqu’au matin.
Mais le monde entre dans sa vie
par son assiette et par ses mains.

Il crie au trop-plein, à l’invasion,
au grand danger venu d’ailleurs,
mais vit de mille différences
qu’il refuse au fond de son coeur.

Il hait l’étranger qui dérange,
mais aime le fruit qu’il lui tend.
Il veut un monde sans mélange,
et s’en nourrit pourtant.

[COUPLET 3 — LE SOIR]

Quand son corps tremble et se fatigue,
il court aux urgences, pâle et pressé.
Un interne venu du Sénégal
lui rend le souffle qu’il avait blessé.

Il dit merci du bout des lèvres,
sans regarder trop longuement
la main qu’hier encore il jugeait
trop étrangère à son présent.

Puis il rentre, allume sa télé,
regarde l’Amérique en version doublée,
écoute un vieux blues sans savoir
combien de chaînes l’ont inventé.

Il rêve de plages lointaines,
de sable chaud, de ciel créole,
mais voudrait que la carte postale
reste muette quand elle parle.

[PONT]

Tu es le fruit d’un long voyage,
comme l’humanité tout entière.
Ton sang a traversé des âges
avant de battre sous ta chair.

Nul n’est pur comme une frontière,
nul n’est seul dans son origine.
Nous sommes faits de mille poussières,
de mille départs, de mille racines.

Alors pourquoi cette colère ?
Pourquoi ce poing contre le vent ?
Le racisme est une prison de pierre
où l’on s’enferme soi-même, vivant.

[COUPLET 4 — LA NUIT]

La nuit, il rêve d’un monde clair,
nettoyé de tout ce qui l’effraie,
mais dans son coeur pousse une guerre
qu’aucun drapeau ne guérirait.

Il dit qu’il veut défendre la paix,
mais parle avec des mots de force.
Il dit qu’il protège sa maison,
mais c’est la peur qui tient la porte.

Il aime son pays, répète-t-il,
mais le salit par ses discours.
Car aimer sa terre, c’est l’ouvrir,
non la réduire à des contours.

Il se croit libre et sûr de lui,
debout devant ses certitudes.
Mais chaque mur qu’il construit
le prive d’un peu d’altitude.

[REFRAIN FINAL]

Il veut fermer toutes les portes,
dresser des murs jusqu’au matin.
Mais le monde entre dans sa vie
par son assiette et par ses mains.

Il crie au trop-plein, à l’invasion,
au grand danger venu d’ailleurs,
mais vit de mille différences
qu’il refuse au fond de son coeur.

Raciste, tu te crois supérieur,
mais ta peur parle plus fort que toi.
Tu veux rabaisser les couleurs,
mais c’est ton ombre que l’on voit.

Le monde est plus grand que tes murs,
plus vaste que tes vieux serments.
Et l’amour, l’amour est bien plus pur
que tes murailles de néant.

[CODA]

Puisse cette chanson être un pont,
et non un mur.

Puisse-t-elle ouvrir une fenêtre
là où la peur voulait conclure.

Lyrics & Prompt : Jeannot Scheer (Juillet 2026)
Music & Vocals : SUNO AI (2026)
Booklet & Album « Étincelles » (à paraître)

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