Le temps est venu de résister

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urban street art with resist posters
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  • Contre la mise à disposition de 5 % de la richesse produite pour la politique d’armement, au détriment des politiques sociales et environnementales.
  • Contre la domination des entreprises technologiques et de leurs propriétaires d’extrême droite, dont la cupidité et le mépris de la démocratie font obstacle à un développement respectueux de la dignité humaine.

L’histoire se répète-t-elle dans un contexte et sous des conditions nouvelles ? Après la course aux armements pendant la guerre froide, la suppression du service militaire obligatoire dans les années 1960 au Luxembourg, la résolution de l’OTAN en faveur du stationnement des fusées Pershing et le mouvement pacifiste européen contre celle-ci dans les années 1980, nous sommes entraîné·es dans une nouvelle course aux armements. A-t-on oublié ce qu’a entraîné la prétendue guerre froide en termes de gaspillage, d’inflation, de crises économiques et de guerres par procuration avec des millions de morts ? Il s’agit de tirer les leçons nécessaires pour aujourd’hui des luttes passées et de s’opposer à la frénésie guerrière croissante.

Cela d’autant plus que, outre les conséquences désastreuses de la militarisation que nous venons de décrire, la crise climatique, qui s’aggrave de jour en jour, atteint des proportions sans précédent. Alors que les records de chaleur se succèdent, que la consommation massive de combustibles fossiles par l’armée n’est pas prise en compte et qu’au lieu d’une politique climatique nécessaire, c’est la concurrence pour l’énergie, l’eau et les terres rares qui occupe le devant de la scène, la militarisation apparaît désormais, paradoxalement, comme la seule réponse du système à l’effondrement de la stabilité écologique.

La première question qui se pose est évidemment de savoir comment cette nouvelle spirale de l’armement a vu le jour. Plusieurs publications y font référence. Notamment le livre « Not one inch eastwards » (traduction allemande: « Nicht einen Schritt weiter nach Osten »), dont un compte-rendu détaillé est disponible sur paroles.lu, apporte des réponses significatives. L’auteure Mary Elise Sarotte y conclut : « (…) après que la fonction de l’OTAN eut été remise en question par la fin de la Guerre froide, celle-ci s’est élargie jusqu’à redevenir nécessaire. » Il ne s’agit bien sûr en aucun cas de justifier l’invasion illégale, absurde et au « succès » d’ailleurs très limité de l’armée russe en Ukraine, mais cette invasion n’est pas survenue de nulle part !

L’Ukraine, et par là même l’Europe tout entière, sont devenues les victimes de la nouvelle ligne de démarcation située à l’est de celle de la guerre froide, et celle-ci est le résultat de décisions politiques sans équivoque prises par les États-Unis après la chute du mur de Berlin et la dissolution de l’URSS. Des déclarations claires à ce sujet existent.

Le schéma est bien connu : le changement des rapports de force est mis à profit pour étendre le rayon d’action de la puissance impérialiste dominante – en l’occurrence des États-Unis.

Les gouvernements européens portent leur propre part de responsabilité dans la militarisation actuelle. La crise n’est pas simplement importée, mais l’expression d’un système mondial de blocs de pouvoir rivaux. Or une politique de paix doit précisément remettre en question la logique belliciste de tous les blocs de pouvoir.

Avec le trumpisme, la situation s’est encore aggravée pour l’Europe. L’UE est censée crouler sous le poids de la crise et se réarmer de manière excessive, tandis que les États-Unis veulent se concentrer sur la République populaire de Chine comme ennemi ultime et, dans cette optique, revendiquent, apparemment sans discernement, des territoires un peu partout et déclenchent un conflit après l’autre. Ils ne se bornent pas à bafouer le droit international ; en gouvernant par décrets, sans passer par le Congrès, Trump favorise l’autonomisation du pouvoir exécutif vers un capitalisme autoritaire, le militarisme et le néocolonialisme.

Tout cela se déroule dans un monde de plus en plus dominé par des techno-fascistes américains, qui cherchent à démanteler systématiquement la démocratie, encouragent ceux et celles qui s’opposent à la liberté individuelle et nient les grands défis tels que le changement climatique. Nous observons partout dans le monde une montée de l’extrémisme de droite, favorisée par des technologies de l’information qui inondent sans contrôle ceux et celles qui, sans discernement, consomment des informations et des idées prônant la « suprématie blanche », des sentiments de haine envers les migrant·es et les personnes issues de minorités, le mépris pour la démocratie, et d’autres malveillances. Sur le plan de la politique intérieure, le Luxembourg ne sera pas épargné par les tendances fascisantes habituelles, puisque l’ADR agit dans le même sens.

Les questions essentielles qui découlent de tout cela sont les suivantes :
– la question de la paix, en lien avec l’armement et la guerre ;
– la question d’une menace fasciste ou autoritaire ;
– la question de la mondialisation, de la domination mondiale et de l’impérialisme ;
– la question du colonialisme, de l’ethnocentrisme et du suprémacisme ;
– la question des alternatives, du droit international, de la solidarité régionale, du droit à un environnement sain, à la liberté, à la démocratie et à la sécurité.

Comment allons-nous procéder sur paroles.lu ?

  • Publier des articles qui mettent en avant et traitent ces questions, en tenant compte également de ce qui se passe au Luxembourg.
  • Analyser les réactions passées et déterminer si celles-ci sont encore pertinentes, ou comment il convient d’agir aujourd’hui.
  • Susciter des débats contradictoires.
  • Mobiliser pour la paix et contre le technofascisme.

Il n’y a pas de solutions toutes faites ; elles ne peuvent résulter que d’une bonne formulation des questions et d’un débat à ce sujet.

Guy Foetz, Katy Fox, Jean-Claude Frantz, Michel Pletschette, Nathalie Reuland,
Jeannot Scheer, Cléo Thoma

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