
Généralement un pays compte deux fois plus d’habitants que d’emplois. Au moins. Prenons la France (métropolitaine) : 66,4 millions d’habitants, 31,4 millions de personnes actives, assurées à la Sécurité sociale. Rapport habitants/emplois : 2,11. Ou la Belgique : 11,8 millions d’habitants et 5,3 millions de gens ayant un emploi (ou étant au chômage). Rapport habitants/emplois : 2,22. On pourrait continuer ainsi.
Au Luxembourg, c’était également le cas pendant des décennies. Voyons comment la situation se présentait en 1970 : le pays comptait 340 000 habitants et 140 000 emplois. Rapport habitants/emplois : 2,43. Exprimé autrement : le Luxembourg comptait presque deux fois et demie plus d’habitants que d’emplois.

Source des données : STATEC © Claude Gengler
Ce n’est qu’au début des années 1990 que la situation basculait. La population a certes continué à augmenter, et même très vite (+298 000 nouveaux habitants depuis 1990), mais le nombre d’emplois s’est accru encore plus vite (+331 000 emplois supplémentaires). Conséquence : le rapport habitants/emplois s’est dégradé rapidement. En 1993, il est tombé en-dessous du seuil de 2,0 ; en 2006, il est passé sous la barre de 1,5 ; aujourd’hui, nous sommes proches de 1,3.
Si cette évolution perdure, il arrivera le jour où le Luxembourg comptera autant d’emplois que d’habitants. Il va sans dire qu’une telle situation ne sera possible que grâce à la présence de centaines de milliers de frontaliers.
La ville de Luxembourg nous montre le chemin : elle compte aujourd’hui 138 000 habitants et sans doute plus de 200 000 emplois. Nous savons ce que cela signifie pour les conditions de circulation, la situation du logement, la qualité de l’air et la qualité de vie : c’est problématique !

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