Ce texte n’est pas un manifeste athée ni une provocation gratuite. Il part d’un constat simple et vertigineux : face aux drames humains, aux guerres, aux injustices, au silence du ciel — que faisons-nous de l’idée de Dieu ?
Plutôt que d’accuser ou de nier frontalement, le poème choisit l’hypothèse : et si Dieu n’était pas ?
Non pour désespérer, mais pour déplacer la responsabilité.
Si aucune main divine ne corrige nos fautes, alors c’est à nous d’agir.
Si aucun jugement dernier ne répare l’injustice, alors c’est à nous de réparer ici et maintenant.
Le texte interroge ainsi la liberté humaine dans un monde sans garantie transcendante. Il propose
une spiritualité de la responsabilité : moins attendre du ciel, davantage répondre de nos actes.
Dans un contexte où les discours religieux ou identitaires peuvent être instrumentalisés, ce poème
se veut un appel calme à la lucidité et à l’engagement humain — non contre la foi, mais contre
l’abdication morale.
Jeannot Scheer

Le pari humain
[I]
Nous avons inventé un Père aux mains immenses
Pour ne plus frissonner devant nos ignorances.
C’est l’homme qui, d’un souffle, a dessiné ce Roi,
Projetant dans l’azur l’ombre de son effroi.
Dieu n’est que l’adjectif de nos propres vertus,
Un écho de nos voix sous des dômes perdus ;
Nous avons baptisé « Éternité » le manque,
Et « Justice » l’espoir que le destin nous flanque.
[II]
Pourquoi doubler le monde d’un spectre invisible ?
La cellule suffit à rendre le vivant lisible.
Nul besoin d’un horloger pour régler les saisons :
La matière en mouvement dicte ses propres raisons.
Du chaos des atomes naît la fleur et le sang,
Par le seul jeu des poids et du temps agissant.
L’univers se déploie sans calcul ni schéma,
L’ordre n’est qu’un hasard que l’esprit nomma.
[Refrain]
Je gage que l’homme est seul, et j’en fais ma fierté,
Sans l’ombre d’un berger pour sa liberté.
Je parie sur le grain, sur le sang et la main,
Car c’est dans notre vide que naît le chemin.
[III]
Regardez l’innocent que la fièvre dévore :
Si un œil nous regarde, il est plus noir encore.
Un Dieu qui permet tout est un Dieu qui n’est rien,
Ou un tyran cruel qui se joue du lien.
S’il faut que son dessein nous reste un grand mystère,
C’est qu’il n’est qu’un silence imposé sur la terre.
L’absence est plus clémente à nos cœurs révoltés
Que le poids d’un regard sur nos calamités.
[IV]
Admirez la splendeur de ce qui n’a pas d’âme :
Le cristal, le silex, la puissance de la flamme.
C’est au cœur du carbone, au fond des vieux soleils,
Que se forge le fer de nos futurs réveils.
Nous sommes faits de poussière et de lumière ancienne,
Nul besoin qu’une grâce en ces lieux intervienne.
La beauté de la rose est un cri de survie,
Et non le courtisan d’une main d’infini.
[Refrain]
Je gage que l’homme est seul, et j’en fais ma fierté,
Sans l’ombre d’un berger pour sa liberté.
Je parie sur le grain, sur le sang et la main,
Car c’est dans notre vide que naît le chemin.
[V]
Qu’elle est pauvre, la main qui ne donne que par peur,
Qui guette un paradis pour calmer sa rigueur !
L’athée, lui, marche droit sous une voûte éteinte,
Il aide son prochain sans l’ordre d’une sainte.
Sa pitié est de chair, son pardon est d’ici,
C’est un présent gratuit, un acte sans merci.
Puisqu’aucun livre d’or ne note nos victoires,
L’instant seul est le temple où s’écrivent nos gloires.
[VI]
Nous n’avons plus besoin de contes de berceau,
Pour porter de la vie le magnifique sceau.
Regarder le néant sans baisser les paupières,
C’est enfin devenir les maîtres des frontières.
Il n’y a pas de juge au bout de la jetée,
Seulement le repos de la course arrêtée,
Et le nom que l’on laisse au cœur de nos enfants,
Seul sillage durable en ces flots triomphants.
[Refrain Final]
Je gage sur le vide et j’y trouve ma place
Sans œil dans le nuage, sans miroir dans la glace
Si le ciel est désert, c’est pour que nous soyons
Les seuls à décider du sens de nos rayons.
Je gage que l’homme est seul, et j’en fais ma fierté,
Sans l’ombre d’un berger pour sa liberté.
Je parie sur le grain, sur le sang et la main,
Car c’est dans notre vide que naît le chemin.
[Coda]
Le ciel est un miroir où l’on ne voit que nous.
L’homme n’est grand qu’une fois debout, et non à genoux.
Dieu fut notre enfance. Il est temps d’être humains.
Le monde est orphelin. Et c’est sa dignité !
Lyrics & Prompt: Jeannot Scheer
Music & Vocals: SUNO AI
© February 2026

Laisser un commentaire